Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 19:01

Cette année, après trois ans d'absence cruelle de chorale, je suis allée m'inscrire, plutôt par curiosité, à un atelier sournoisement baptisé "Mission opéra". Accompagnée par une amie tout aussi désireuse de chanter et travailler sur sa voix.

 

S'il s'est avéré qu'on y fait tout sauf de l'opéra, le projet de l'année, par sa bizarrerie, m'embarque : autour des textes de Bertolt Brecht, nous allons monter une sorte de comédie musicale dont nous allons nous-même choisir les chansons et bâtir l'intrigue (autour des thématiques de la peur et du cabaret). Malgré notre manque total d'expérience en la matière. 

 

L'occasion de découvrir, pour l'ignorante que je suis, l'oeuvre de Monsieur Brecht et d'apprendre qu'il est l'auteur d'Alabama Song, popularisée par The Doors.

 

 

L'occasion aussi de me renforcer dans ma conviction que :

- La chanson type Piaf, ça peut être joli, mais n'abusons pas (les versions françaises des chansons de Brecht, même adaptées par Boris Vian, sont un supplice quand on entend Pia Colombo les chanter)

- En anglais, c'est toujours mieux. Et pas seulement parce que j'adore l'anglais. C'est un fait.

 

Les chansons retenues par ma comparse et moi sont donc, sans surprise, dans cette langue. Alabama Song, réadaptée, et Bilbao Song. Des chansons sur l'alcool et les bars, ça colle dans un cabaret, non ? Surtout avec des mélodies aussi libres. Plus qu'à savoir les réinterpréter...

 

Résultats à la fin de l'année scolaire.
Par Yseult - Publié dans : Culture
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 17:18

C'est un fait qui date, mais je ne l'avais pas encore relaté. J'ai toujours eu un faible pour l'Irlande, je voudrais y aller au moins une fois, la visiter de fond en comble, les paysages, les monuments, les pubs, les villes et les falaises, rencontrer les gens, parler anglais, entendre trois vieux baragouiner gaélique et le son du tinwhistle, me plonger dans l'histoire et les histoire fascinantes de ce pays.

 

Je crois que c'est lié à mon origine bretonne et à ma fascination pour tous les mythes celtes. Je ne suis pas une pro, au contraire, mais il suffit d'évoquer l'Irlande, le trèfle ou je ne sais quoi d'autre pour que j'aie un petit soubresaut dans le ventre. Même quand je vois une pub d'agence de voyage à la télé j'ai l'impression qu'ils me torturent exprès.

 

Quoi qu'il en soit, lorsque j'ai rencontré une Irlandaise à une fête chez une amie, ça m'a fait tout drôle. On était avec nos correspondants américains, et elle avait invité une de ses copines de danse à nous rejoindre. Ladite copine était irlandaise donc, et parlait couramment français puisqu'elle était ici pour une année d'immersion dans notre culture - frustration décuplée pour moi qui rage de ne pas (encore) être bilingue. Elle était adorable, parlait avec tout le monde, mais moi qui n'adresse pas toujours la parole aux gens de ma classe, je n'ai pas osé aller la voir. J'étais intimidée, pas seulement parce que je ne la connaissais pas. J'ai assisté à ses conversations avec mes amies, plaçant de temps en temps un petit mot, mais... Finalement, quand elle est partie le lendemain, au moment où elle faisait ses adieux à tout le monde, je lui ai fait une bise et soufflé : "Tu viens d'un magnfique pays. En plus, tu es super gentille." Je n'ai même pas réussi à articuler correctement, mais elle a au moins compris le début de ma phrase - après que je l'ai répétée. Elle m'a fait un grand "Merci !" en souriant et puis est partie.

 

Ma mère est venue me chercher peu après, et, je ne l'aurais jamais cru, mais j'ai pleuré. J'ai pleuré d'avoir rencontré une prolongation de mon rêve, pleuré de voir qu'elle était adorable, pleuré parce que je sentais un grand trou se creuser dans ma poitrine, qui ne sera comblé que quand je verrai de mes yeux ce pays que j'idéalise.

 

Et même s'il n'est pas conforme à ce que j'imagine, je sais que ce sera un moment magique. J'irai.

Par Yseult - Publié dans : Blabla d'Yseult
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 14:52

Bon, tant pis, le suspense aura duré dix articles, mais j'ai fait ce blog pour être honnête envers moi-même. Alors autant l'être envers les autres : je suis en première. 1ère S pour être exacte. (J'ai quand même été flattée des deux commentaires pensant que j'avais plus de 20 ans.)
Je signale toutefois que ceci continue à être un blog personnel, et que j'y raconterai MA vie à MOI, étalage d'ego auquel ce blog est dédié. Attention donc, jeracontemalife.com.

Or, hier était jour de bac blanc, et comme j'ai traîné sur la blogosphère je n'ai pas rédigé l'article tout de suite. Ca vaut quand même le coup de le faire aujourd'hui (je parle pour moi), puisqu'à cette occasion j'ai constaté que mon cerveau fonctionnait de manière un peu spéciale.

Donc, épreuve de français sur quatre heures le matin, après 6h45 de sommeil, je pétais la forme, évidemment. Mais je m'en fichais plus ou moins, après tout, en français tout est une affaire de bol : quasiment rien à réviser, à part deux-trois petites citations à replacer à l'endroit opportun, en priant pour que le sujet nous inspire. Et bingo.

Corpus de textes : une fable de La Fontaine, "Les Obsèques de la lionne", un extrait de Germinal que je n'ai pas lu mais que je n'ai pas envie de lire,
les trois Zola que j'ai lus me suffisent, et une scène de Ubu roi de Jarry, pièce que j'étais allée voir l'année dernière avec ma classe. C'est-à-dire : parfait, je maîtrise. Question de corpus simple, j'ai un peu traîné (1h10 au lieu d'une heure, mais quand je vois mes copines qui ont passé deux heures dessus pour 4 malheureux points...)

Puis, vient le sujet sur 16 points. Par philosophie personnelle, et parce que je ne suis pas masochiste, je ne prends pas le commentaire. Essorer un texte pendant trois heures et écrire six pages à propos de trente lignes, très peu pour moi. Donc, la question principale était : disserte ou invention ? Sachant que depuis le jour de ma rentrée en seconde, j'ai entendu tous les profs me dire "l'invention c'est casse gueuuuule, attentiooooon !", et que j'aime beaucoup les dissertations, j'allais opter pour cette dernière, quand...
J'ai lu le sujet d'invention.

BacBlancFrancais-blog-Yseult2.JPG
Une lettre ! J'ai sauté dessus, j'ai failli embrasser ma feuille. Parce que la disserte c'est bien (elle était facile aussi), mais il faut trouver un plan, et j'aime paaas les plans...

Donc me voilà partie pour le sujet d'invention ; même si je sais très bien que ça doit être organisé, tout est plus fluide, et surtout, je vais pouvoir donner libre cours à mon humour nul (j'écris à un ami, j'ai le droit de le vanner, non ?), étaler ma science du registre courant (s'il y a des points pour la richesse du vocabulaire... j'espère que le correcteur verra que j'ai utilisé "soliloque" !) - j'adore parler en soutenu mais les circonstances ne s'y prêtaient pas.

Moi si concise, possédant une des écritures les plus serrées de ma classe, j'ai écrit six bonnes pages d'enguirlandement (enguirlandage ?), et je me suis é-cla-tée. Je pense avoir dévié hors-sujet à un moment ("J'vous avais avais dit que c'était dangereuuuuux !"), avoir un style et des argumants des plus communs, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce passage.

Résultat des courses : je suis grande lectrice, et j'ai essayé de faire étalage de ma culture - c'est quand même comme au bac, faisons-nous mousser -, donc L'Attentat de Yasmina Khadra, L'élégance du hérisson de Muriel Barbery, tous les romans de Marie-Aude Murail pour la littérature jeunesse, et surtout Harry Potter - oui, la mise en place d'une dictature dans le 5, la Seconde Guerre Mondiale dans le 7... - y sont passés.

Quand, au bout de quatre heures (3h55 pour être exacte, en m'étant relue et corrigée), je suis sortie toute guillerette, en sifflant presque - si j'avais su siffler -, j'ai attendu que mes amies sortent, toutes à la bourre (parce que mes amies restent d'ordinaire une demi-heure plus tard en devoir, ce sont des dingues), et quand j'ai vu leurs têtes d'enterrement, je me suis sentie très seule...


Rendez-vous pour la note plus tard.
En attendant, voici mon bataillon :

BacBlancFrancais-blog-Yseult.JPG

 

 


Mise à jour : En fait, j'ai eu 16/20. "Attention au vocabulaire familier associé au genre épistolaire", mais SEIZE. La vache. Au bac, j'aurais eu mention très bien....

Par Yseult - Publié dans : Blabla d'Yseult
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 20:48

Je suis allée voir le film hier soir, et j'ai été émue aux larmes. Même en connaissant la fin, je n'ai pas pu m'empêcher de trembler avant chaque rencontre, avant chaque péripétie... Le film est beau, poétique, et j'ai adoré les gardes du corps qui permettent de rendre compte des tensions raciales (je déteste cet adjectif) avec réalisme et humour.
Mais ce qui m'a le plus marquée est le poème préféré de Nelson Mandela, interprété avec brio par Morgan Freeman. On l'entend quand François Pienaar visite sa cellule.



Invictus

Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d'opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu'horreur et ombres
Les années s'annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.


Et en version originale, celle de William Henley en 1875 :

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow'd.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.


Magnifique. Et que le poème, bien que traduit (j'ai dû aller voir le film en VF...), rime, était formidable. Qu'il existe des gens capables de traduire ainsi me réconcilie avec la beauté du monde.

Par Yseult - Publié dans : Culture
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 20:52

Depuis un moment passe à la radio cette chanson sympathique. Je n'irais pas jusqu'à la qualifier de transcendante, mais elle a des paroles un minimum élaborées par rapport à la plupart de celles qu'on entend maintenant, et des sonorités intéressantes. Je ne connaissais pas son nom, ni son auteur jusqu'à il y a quelques jours.
Et c'est par hasard, lors d'une émission "Backstage spécial BB Brunes" (rien que le nom m'horripile, mais ma petite soeur ne me laisse pas gérer la radio...) que j'ai appris que c'étaient eux les auteurs ! J'ai été sincèrement choquée. Quid du groupe d'ados au QI atomique pour fillettes pré-pubères hystériques et boutonneuses ? De leur musique répétitive, aux paroles aussi spirituelles que des slogans publicitaires ?... (Cf le tube Houna de 2007, aussi entêtant qu'horripilant.)
Voilà donc Lala Love You, des BB Brunes, bonne surprise. Bon, le refrain est quand même la partie la plus intéressante.



Et c'est plus tard que j'ai réalisé pourquoi cette nouvelle chanson m'était agréable. Elle m'a fait penser à la chanson de Charles Aznavour For me... Formidable, que j'ai toujours trouvée excellente. Chaque fois que je l'entends, je la trouve plus drôle, plus originale, plus... formidable que jamais. C'est le même jeu avec la langue de Shakespeare (plus développé cependant chez Aznavour).

 

Par Yseult - Publié dans : Culture
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